L’Âge d’or de Bérenger Thouin, à la croisée des supports d’images
Une œuvre tout à fait unique en son genre est dévoilée aujourd’hui à Cannes Classics. Après dix ans d’écriture et de montage, Bérenger Thouin est parvenu à créer L’Âge d’or, son premier long métrage, une fresque romanesque à travers le 20e siècle portée par Souheila Yacoub.
Une fille de boucher qui se rêve en comtesse. Dans son parcours, Jeanne Lavaur défie le destin à travers un siècle dont elle ne soupçonne par les rebondissements. Deux guerres, une grande crue à Paris, un voyage au Brésil, elle traverse soixante années, accompagnée de Guillaume de Barante et l’intrépide Céleste.
Pour L’Âge d’or, Bérenger Thouin s’est plongé dans toutes sortes d’archives, celles de sa famille comme celles des Actualités françaises, réalisées au siècle dernier par Gaumont-Pathé.
“Les archives permettent de composer avec le réel et le temps, de jouer avec les codes de narration, et à mon sens de faire jaillir des émotions.”
Après écriture et montage des archives, Bérenger Thouin a créé un storyboard afin de préparer les scènes à tourner en prises de vue réelle, avec au casting Souheila Yacoub, Vassili Schneider, Yile Yara Vianello et Pierre-Antoine Billon.
Le réalisateur, qui compte six courts métrages à son actif, ne se contente pas d’un dialogue entre archives et fiction. Il les entremêle au point de créer un récit à part entière, à la forme unique, sans chercher à masquer toutes les coutures entre ses différentes sources d’images. Le film peut ainsi passer de la couleur au noir et blanc et jouer avec les textures, comme pour brouiller la frontière entre le vrai et le faux, tout en fabriquant sa propre harmonie.