Les Diables (The Devils) de Ken Russell : Retour sur le scandale de sa sortie

KEN RUSSELL’S THE DEVILS © Warner Bros. Clockwork

Pour le plus grand plaisir des cinéphiles, Cannes Classics célèbre cette année une toute nouvelle version restaurée des Diables (The Devils), l’œuvre la plus sulfureuse de Ken Russell, cinéaste pourtant déjà connu pour son côté provocateur. Vanessa Redgrave et Oliver Reed y incarnent respectivement une nonne possédée et un prêtre accusé d’hérésie. Lors de sa sortie, Les Diables a évidemment fait scandale. Retour en 1971.

 

Baroque, débridé, très représentatif de la démesure d’un certain cinéma britannique des années 1970, Les Diables prend pour sujet l’affaire des Diables de Loudun. Survenue dans la France du XVIIe siècle, cette chasse aux sorcières lancée par Richelieu à l’encontre du prêtre Urbain Grandier, impliquait également des nonnes, possédées par le démon.  

Peu après Love (Women in Love), qui mettait en scène les amours non conventionnels d’un ménage à trois, Ken Russell met toute son énergie et toute sa folie dans ce qui sera son chef-d’œuvre. Décors exubérants conçus par Derek Jarman, scènes d’orgies, blasphèmes et tortures : tout est là pour choquer. Et cela ne loupe pas : la sortie du film fait scandale. Si la British Board of Film Censors (organisme britannique de classification des films) cherche à endommager le moins possible le film, certaines scènes – notamment la fameuse scène d’orgie des nonnes dans l’église – doivent être coupées, et le film est contraint de sortir sous la classification X en Angleterre et aux États-Unis.  

Du côté de la critique, cette dernière est dans sa grande majorité outrée par la décadence des Diables, comme en témoigne cet article Robert Chazal, pour France soir : “Ken Russell s’est laissé emporter jusqu’au paroxysme pathologique. Pas une seconde de reflux dans cette marée montante de stupre, d’hystérie, de cruautés, de tortures et d’horreurs. On a envie de crier grâce, mais, justement, de grâce il n’y a aucune trace.” Toutefois, Hélène Tierchant de Positif prend le contrepied : “Les Diables va encore plus loin que Love ou Music Lovers. Plus loin aussi dans le fond. Les Diables c’est l’exaltation de l’homme. 

Le film est présenté à Cannes Classics dans sa version intégrale.  

Une présentation de Warner Bros. Clockwork. 

Nouvelle restauration 4k réalisée à partir du négatif caméra original. Son remasterisé à partir du Composite 35mm Mag Film original, transféré à 96kHz. Restauration image et son a été réalisée par Warner Bros. Post Production Creative Services, Water Tower Color, et Warner Bros. Sound.  

En présence de Mark Kermode, biographe de Ken Russell et de la femme de Ken Russell, l’universitaire et chercheuse Elisabeth Russell.