Six cinéastes, six films à venir…
Ils viennent d’Espagne, de Lituanie, des Philippines, de Malaisie, d’Argentine et de Belgique. Anna Llargués Muñoz, Vytautas Katkus, Sam Manacsa, Ananth Subramaniam, Agustina Sánchez Gavier et Dorian Jespers ont intégré la 52e session de la Résidence du Festival de Cannes à Paris.
Pendant six mois, le Festival met à leur disposition un lieu unique afin de les accompagner dans l’écriture de leur premier ou deuxième long métrage de fiction. Âgés de 27 à 35 ans, ils sont trois femmes et trois hommes. Cinq d’entre eux développent un premier long métrage.
Leurs parcours représentent six approches très différentes du 7e art.
La cinéaste espagnole Anna Llargués Muñoz a présenté son premier court métrage, Trenc d’alba, une fiction mêlant images numériques, Super 8 et images d’archives, à La Cinef lors du 76e Festival de Cannes.
Vytautas Katkus, réalisateur et directeur de la photographie installé à Vilnius, travaille aussi bien dans la fiction que dans le documentaire. Il développe son deuxième long métrage.
Sam Manacsa, cinéaste philippine dont le travail embrasse plusieurs disciplines, a notamment travaillé comme cheffe décoratrice sur plusieurs films.
Ananth Subramaniam, cinéaste malaisien d’origine tamoule, a signé le premier court métrage malaisien, Bleat!, jamais sélectionné à Cannes, en 2025, à la Semaine de la critique.
Agustina Sánchez Gavier, scénariste et réalisatrice argentine basée en Allemagne, a vu son film de fin d’études Nuestra Sombra, sélectionné dans plus de 70 festivals internationaux.
Enfin, le Belge Dorian Jespers, formé notamment au Fresnoy, a réalisé deux courts métrages présentés dans plus de 200 festivals à travers le monde.
En Résidence au Festivaldu 1er octobre 2026 au 15 février 2027
Anna Llargués Muñoz
ESPAGNE“À ce stade du processus d’écriture, après avoir longuement développé une idée qui était au départ assez abstraite, façonnée par des perceptions, des souvenirs et la fiction, je cherche encore à lui donner forme. Je ressens à présent le besoin de la partager et de l’ouvrir, afin de la laisser évoluer à travers le regard des autres. La Résidence me semble être un espace propice à cela. Avoir le temps et l’espace nécessaires pour me consacrer à mon film et partager cette expérience avec d’autres cinéastes est exaltant. J’ai vraiment hâte de commencer cet automne !”
Anna Llargués Muñoz est née à Barcelone en 1999. Son premier court métrage, Trenc d’alba (À l’aube), une fiction mêlant images numériques, Super 8 et archives, a été présenté en avant-première à la sélection de la Cinef du 76e Festival de Cannes et sélectionné pour le 68e Festival international de Valladolid (Seminci), où il a reçu la mention spéciale du jury de l’Epi vert. Le film a été présenté dans une cinquantaine de festivals et a remporté de nombreuses récompenses. Son deuxième court métrage de fiction, Àvia Peix (Mamie Poisson), où la protagoniste âgée de neuf ans tient la caméra, entame actuellement sa tournée des festivals. Elle prépare son premier long métrage, De fang (De fange), une coproduction Espagne-France-Portugal primée au Talent Village des Arcs et sélectionnée par le programme Green Narratives du TorinoFilmLab.
Les films d’Anna explorent le cinéma comme vecteur de mémoire, retraçant les fils invisibles qui relient les générations, les différents modes de vie et les lieux à travers le temps.
VYTAUTAS KATKUS
LITUANIE“Je suis ravi de participer à la Résidence et d’y travailler sur ce projet en particulier. L’un des thèmes centraux de ce film est la communauté ; écrire ce scénario en immersion au sein d’un groupe de réalisateurs est à la fois une coïncidence et un moyen d’acquérir un regard neuf sur mon projet. Disposer de quatre mois pour me consacrer exclusivement au scénario est un immense cadeau, et j’espère mettre ce temps à profit de manière productive.”
Vytautas Katkus, né en 1991, est un réalisateur et directeur de la photographie lituanien basé à Vilnius. Diplômé en cinématographie de l’Académie de musique et de théâtre de Lituanie, il travaille aussi bien dans le cinéma de fiction que dans le documentaire. Il a assuré la direction de la photographie du premier long métrage de Saule Bliuvaite, Toxic, qui a remporté le Léopard d’or à Locarno en 2024 ainsi que le prix national du cinéma pour la meilleure photographie. Il a réalisé trois courts métrages, Community Gardens, Places et Cherries, présentés dans de nombreux festivals (en compétition à Cannes, à la Semaine de la critique, à Venise). Son premier long métrage, The Visitor, présenté en avant-première à Karlovy Vary, a remporté le prix du meilleur réalisateur en 2025. Il a également remporté des prix nationaux pour meilleur scénario, meilleure réalisation et meilleur film. Il écrit actuellement son deuxième long métrage.
SAM MANACSA
PHILIPPINES“Participer à la Résidence est pour moi un moment important pour me permettre d’évoluer avec mon film en tant que cinéaste. Ce sera pour moi un temps pour me concentrer sur l’écriture et approfondir mon projet grâce aux points de vue des personnes avec lesquelles je partagerai cette expérience. J’ai hâte de voir où ce film pourra nous mener à travers les échanges avec d’autres cinéastes.”
Sam Manacsa, née à Manille en 1994, est une cinéaste qui travaille dans plusieurs domaines. Elle a travaillé comme chef décoratrice sur des films primés, notamment Whether the Weather is Fine de Carlo Francisco Manatad (Locarno, 2021) et Amoeba de Siyou Tan (TIFF, 2025). Son court métrage Cross My Heart and Hope to Die (2023) a été présenté en première mondiale à la Mostra de Venise dans la section Orizzonti, et If People Such as We Cease to Exist (2016) a été sélectionné en Compétition au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand. Sam Manacsa prépare actuellement son premier long métrage, The Void is Immense in Idle Hours, qui a été sélectionné pour le FeatureLab du TorinoFilmLab. Elle a participé au SEAFIC Seed Lab en 2022, au Directors’ Lab du TIFF en 2025 et à Talents Tokyo en 2025.
ANANTH SUBRAMANIAM
MALAISIE“La Résidence m’offre la chance de ralentir, d’écouter et de donner à Pray to the Thunder l’espace qu’il lui faut pour devenir le film qu’il doit être. J’espère en repartir, peut-être pas avec toutes les réponses, mais avec le courage de les trouver. Plus que tout, je veux rentrer chez moi, retrouver les lieux de la scène punk, mes communautés tamoules et les histoires que j’ai passé des années à essayer de comprendre, avec un discours plus affirmé. Je ressens aujourd’hui l’urgence de raconter ces histoires, tant que j’ai la légitimé de les raconter.”
Ananth Subramaniam, cinéaste malaisien d’origine tamoule né en 1992, explore les thèmes de l’identité ancestrale des Tamouls à travers le prisme de leurs expériences postcoloniales. En 2025, son film Bleat! est le premier court métrage malaisien sélectionné à Cannes ; il a été présenté en avant-première à la 64e Semaine de la critique et a remporté la Queer Palm. Le film a également remporté le Prix international du jury des étudiants au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand. Il a été sélectionné pour le programme New Directors/New Films du MoMA et dans plus de 30 festivals à travers le monde. Son dernier court métrage, Holy Crowd, a été présenté en avant-première à la Semaine de la critique de Cannes en 2026. Parmi ses autres courts métrages, on peut citer The House of Brick and Stone (2022) et Liar Land (2019), lequel a reçu une mention spéciale lors du 73e Festival du film de Locarno. Ananth travaille actuellement sur son premier long métrage, Pray to the Thunder, dans le cadre du programme Talents Tokyo (en collaboration avec Berlinale Talents), de l’atelier Next Step de la Semaine de la critique et de La Résidence du Festival de Cannes.
AGUSTINA SANCHEZ GAVIER
ARGENTINE“Participer à La Résidence me donne l’occasion de sortir de mon quotidien et de m’immerger pleinement dans Mártires. Je suis curieuse de voir comment le fait d’écrire dans un nouveau contexte pourrait m’amener à penser différemment l’histoire. J’ai hâte de partager ce processus créatif avec les autres résidents et d’échanger des idées, chacun puisant l’inspiration dans le travail des autres.”
Agustina Sánchez Gavier est une écrivaine et cinéaste née en Argentine et installée en Allemagne, diplômée de l’Académie des arts médiatiques de Cologne (KHM) en 2023. Son film de fin d’études, Nuestra Sombra (Notre ombre, 2024), a été présenté en avant-première à la Quinzaine des réalisateurs lors du 77e Festival de Cannes, puis dans plus de 70 festivals internationaux, où il a remporté plusieurs prix et distinctions. Le film a été sélectionné pour le Prix du cinéma allemand (Deutscher Filmpreis) et diffusé sur ARTE. Nuestra Sombra est issu des recherches menées pour son premier long métrage, Mártires (Martyrs), actuellement en écriture.
DORIAN JESPERS
BELGIQUE“En ce moment, j’écris surtout dans un petit village. Quand les gens autour de moi, qui ne travaillent pas dans le cinéma, me demandent ce que je fais et que je réponds « J’écris », je perçois parfois un léger malaise. En revanche, répondre « J’écris pour la Résidence du Festival de Cannes » règle immédiatement le problème. C’est presque comme si j’avais un vrai travail. C’est une chance immense de pouvoir consacrer plusieurs mois à mon film à Paris. Mon co-scénariste y habite, et après avoir beaucoup travaillé à distance, pouvoir simplement nous retrouver au même endroit devrait changer pas mal de choses. J’ai aussi toujours mieux travaillé quand je ne suis pas complètement seul : pouvoir écrire entouré d’autres cinéastes, voir comment leurs films se construisent et confronter le mien à leurs regards me réjouit beaucoup.”
Dorian Jespers, né en 1993 à Bruxelles, est un cinéaste formé à l’INSAS, au KASK et au Fresnoy. Ses deux courts métrages ont fait le tour du monde, présentés dans plus de 200 festivals (Cannes, Clermont-Ferrand, Palm Springs, Karlovy Vary…) et ont reçu plus de 35 prix. Sun Dog, inspiré d’un voyage surréaliste dans l’Arctique russe, a remporté le grand prix au Festival de Rotterdam ; Loynes, tiré d’une obscure affaire judiciaire reliant le Liverpool du XIXe siècle à la Chine contemporaine, a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Entre mystère, imagerie audacieuse et humour, ses films explorent des territoires à la fois lointains et étrangement proches.