The New Boy, le regard de Warwick Thornton

THE NEW BOY © New Boy Productions

Pour The New Boy, la caméra de l’australien Warwick Thornton suit les pas d’un enfant aborigène touché par la grâce, dans l’austérité d’un monastère géré par une nonne renégate. Scénariste et auteur, le lauréat de la Caméra d’or en 2009 avec Samson and Delilah présenté Au Certain Regard, abordait déjà la thématique du peuple aborigène, en mettant en scène deux adolescents originaires du désert australien.

« The new boy », un enfant solitaire (Aswan Reid) doté de pouvoirs exceptionnels crée la fascination après sa rencontre spirituelle avec Jésus. Mais l’intériorité de cet enfant aborigène ne convient pas aux valeurs chrétiennes louées au monastère. Son mystérieux pouvoir se fait menaçant. L’histoire mise en scène par Warwick Thornton se déroule dans les années 1940 avec, dans l’un des rôles principaux, l’actrice australienne Cate Blanchett pour incarner Sœur Eileen. Un personnage pris en étau entre ses croyances et l’évidence du don de cet enfant, dont les valeurs profondes se trouvent bousculées.

Cette histoire mystique n’est pas sans évoquer l’expérience du réalisateur qui fut le pensionnaire, jusqu’à ses 13 ans et à l’initiative de sa mère, de l’une des seules villes monastiques d’Australie, à l’ouest du pays. Dans cette institution gérée par des moines espagnols, le jeune adolescent qu’il était et qui n’avait jamais foulé le sol d’une église, fut fortement impressionné par l’image du Christ sur la croix, une image si différente de celle qu’il avait connue enfant, et si éloignée de la spiritualité aborigène dont il était imprégné. L’intrigue de son film se noue autour de cette question profonde : deux spiritualités si opposées peuvent-elles s’harmoniser ? Écrit par l’auteur il y a 18 ans, le scénario de The New Boy n’a cessé de le hanter depuis.