Le Château d’Arioka : Kiyoshi Kurosawa s’aventure dans le cinéma de samouraï
Kiyoshi Kurosawa est définitivement infatigable. Après trois films sortis entre 2024 (Chime, La Voie du serpent et Cloud), le réalisateur japonais de 70 ans nous gratifie d’un nouveau long métrage, Kokurojo (Le Château d’Arioka) et explore le chanbara, un genre inédit dans sa filmographie, à découvrir à Cannes Première.
Le réalisateur japonais nous embarque dans le Japon féodal, au cœur du château du seigneur Murashige. Alors qu’il parvient à protéger l’enceinte encerclée d’ennemis, des crimes inexpliqués perturbent l’ordre à l’intérieur. La paranoïa gagne du terrain, il pourrait y avoir des traîtres, mais l’enquête du seigneur Murashige patine. Il est obligé de s’en remettre à Kanbei, un ennemi qu’il avait fait emprisonner. Leur relation se transforme, entre emprise et méfiance, et Murashige perd le contrôle des événements.
Kiyoshi Kurosawa adapte le roman historique “Le Samouraï et le prisonnier” de Honobu Yonezawa. Il s’aventure pour la première fois dans le chanbara, équivalent japonais du wu xia pian chinois, film d’art martial ancestral. Il n’est pas étonnant de voir le réalisateur s’aventurer dans un tel genre tant il se plaît à explorer les genres depuis ses premiers films dans les années 1980.
Rien qu’en 2024, trois films de Kiyoshi Kurosawa sortis en France prouvent cette capacité à naviguer dans les registres : Chime s’inspire des croyances japonaises autour du son pour un film d’horreur très contemporain, Cloud est un thriller numérique sur les combines et arnaques d’un acheteur revendeur en ligne, et, pour La Voie du serpent, il invitait Damien Bonnard et Mathieu Amalric à mener une enquête labyrinthique.
Au Festival de Cannes, Kiyoshi Kurosawa s’est distingué par deux fois, en 2008 avec Tokyo Sonata (Prix du Jury Un Certain Regard) puis en 2015 avec Vers l’autre rive, Prix de la mise en scène.