Moonlighting : les dessous de la collaboration entre Jerzy Skolimowski et Jeremy Irons

TRAVAIL AU NOIR © Goldcrest Films International

Dans les années 1960, Jerzy Skolimowski a quitté sa Pologne natale pendant la période communiste et s’est installé à Londres. Il y tourne trois films, dont Moonlighting, Prix du Scénario 1982. Avant de découvrir cette œuvre à la fois très polonaise et très british dans une version restaurée à Cannes Classics, retour sur la collaboration essentielle entre le cinéaste et l’acteur.

“Sans Jeremy Irons, le film ne se serait sans doute jamais fait”, de l’aveu de Jerzy Skolimowski. Le cinéaste avait connu le succès avec son précédent film, Le Cri du sorcier, également tourné sur le sol britannique, mais pour Moonlighting, le temps était compté. Le réalisateur souhaitait tourner en urgence, dans un élan de colère, en réaction aux événements de 1981 en Pologne et l’instauration de la loi martiale.

Jeremy Irons accepte ce tournage en guérilla d’une durée de quinze jours. Dans le film, il interprète Novak, un contremaître venu de Pologne avec trois maçons pour rénover en toute illégalité la maison d’un riche polonais corrompu à Londres.

L’un des plus gros enjeux pour l’acteur a consisté à jouer dans un polonais impeccable. Défi relevé pour l’acteur de Fatale et Un Amour de Swann, grâce à un travail de réécriture sur le plateau par le cinéaste lorsque l’acteur butait sur certaines prononciations.

A l’arrivée, Moonlighting nous place dans le tiraillement et la nervosité d’un personnage de petit chef propulsé dans un univers hostile. Le film débute comme une comédie noire et bascule lorsque Novak apprend l’intervention militaire en Pologne par la télévision. Les ouvriers deviennent des exilés malgré eux, le travail devient un refuge, Jerzy Skolimowski signe là l’un de ses meilleurs films.

Une présentation de mk2 Films et Goldcrest Films International. Distributeur France : Potemkine Films.

Restauration 4k assurée par Digital Orchard Group et Goldcrest Post London, supervisée par le directeur de la photographie Tony Pierce Roberts.

En présence du réalisateur Jerzy Skolimowski et de la productrice Ewa Piaskowska.