Nostalgia for the Future : un documentaire pour percer le mystère Chris Marker

NOSTALGIE DU FUTUR © VISUALANTICS

Qui était « l’auteur le plus connu de films inconnus », comme aimait se définir Chris Marker ? Le documentaire de Brecht Debackere, à découvrir à Cannes Classics, s’immisce dans la quantité astronomique d’archives laissées par le réalisateur de légende pour éclaircir le mystère.

 

Dans Nostalgia for the Future, la voix de Charlotte Rampling donne corps à une archiviste qui sera notre guide au long du documentaire. Elle voyage dans une constellation de documents laissés par Chris Marker, des photos, des écrits, des images, qui dessinent un faisceau d’indices sur le documentariste et témoignent d’une réflexion sur la mémoire et l’identité. 

 

Lorsque l’artiste belge Brecht Debackere s’est intéressé à Chris Marker, il y a huit ans, sa réflexion a vite dévié des grands films du réalisateur comme La Jetée, Le Joli mai ou Le Fond de l’air est rouge. Il s’est plongé dans des documents personnels, a exploré les images conservées à la Cinémathèque française et s’est rapproché de ceux qui l’avaient côtoyé avant sa disparition en 2012. 

 

Mais comment raconter un artiste qui a tant cultivé le mystère ? Chris Marker n’a donné que très peu d’interviews. Lorsqu’on lui demandait une photo, il se plaisait à envoyer l’image d’un chat. Brecht Debackere écarte le récit de la vie de Marker et lui préfère l’essai, presque abstrait, une tentative de saisir un état d’esprit à l’imagination lyrique et la profondeur éthique. 

 

“Dans un monde de médias lissés sous film plastique, je suis attiré par l’insistance têtue de Marker sur le fragment, la tangente et la complexité humaine de l’image.” 

 

Le nom de Chris Marker apparaît pour la première fois au milieu des années 1940. De son vrai nom Christian Bouche-Villeneuve, il a été étudiant en philosophie chez Sartre, un temps journaliste et auteur sous divers pseudonymes, avant de devenir, dès les années 1950, le grand réalisateur d’essais documentaires que nous admirons encore aujourd’hui.