Quelques mots d’amour, le regard de Rudi Rosenberg

QUELQUES MOTS D'AMOUR ©Chi Fou Mi Productions

Il aura fallu attendre plus de dix ans à ceux qui avaient été charmés par Le Nouveau, dernier film de Rudi Rosenberg, sorti en 2015. Cette comédie suivait un nouvel élève de collège qui tentait difficilement de s’intégrer, et, soufflait un vent de fraîcheur par son casting non professionnel. Dans Quelques mots d’amour, on retrouve cette identité propre au cinéaste, quoiqu’en plus mélancolique. Présenté au Certain Regard, le film suit la trajectoire douloureuse d’une adolescente en quête du père qu’elle n’a jamais connu 

Comment est né ce projet ?

Au départ, j’avais envie de parler de ma propre famille. En effet, j’ai moi-même grandi dans un environnement où l’on ne se disait pas “je t’aime”, alors même que l’amour était très présent. Cette pudeur m’intéressait, et j’ai eu envie de la porter à l’écran.
Par ailleurs, il y avait aussi cette relation frère et sœur que je souhaitais explorer depuis longtemps. Petits, on se chamaille, et c’est plus tard que l’on réalise que l’autre est la personne que l’on préfère sur Terre. Je trouve cette connexion tardive très belle. 

Quelle était l’atmosphère du tournage ?  

J’en garde un super souvenir ! Des animaux, des enfants, un vrai challenge pour le plan de travail ! Mais grâce à une équipe technique magnifique et hyper investie : un producteur solide, et un premier assistant très expérimenté, on y est arrivés ! 

“On court souvent après ce qui nous échappe, au point d’oublier ce qui est là” – Rudi Rosenberg

Quelques mots sur vos interprètes ?

Si le rôle principal est tenu par une actrice professionnelle, Hafsia Herzi, qui fait un travail magnifique, je tenais à ce que les habitants de Sarcelles participent eux aussi au film.  C’est pourquoi notre directrice de casting y a organisé un casting ouvert à tous et toutes, sans expérience requise, grâce auquel j’ai trouvé la plupart des rôles du film. J’étais notamment à la recherche de personnalités capables d’apporter à la fois de la légèreté à cette histoire, mais aussi une certaine authenticité. 

Qu’aimeriez-vous que le public retienne de votre film ? 

On court souvent après ce qui nous échappe, au point d’oublier ce qui est là. Le personnage d’Abigaëlle est en proie à une véritable obsession pour ce père qu’elle veut retrouver à tout prix, jusqu’à ne plus voir les efforts considérables que fait sa mère pour l’aider, ni se rendre compte de tout l’amour qui l’entoure. Je pense que beaucoup de personnes ont déjà ressenti ça à un moment ou un autre, et pourront se reconnaitre dans le film.

 

QUELQUES MOTS D’AMOUR