Redécouvrez L’Homme de fer, la Palme d’or polonaise de 1981

Andrzej Wajda fait figure d’outsider lorsqu’il présente Człowiek z żelaza (L’Homme de fer) au 34e Festival de Cannes. Avant de redécouvrir ce chef-d’œuvre du cinéma polonais à Cannes Classics, retour en 1981, lorsque le cinéaste polonais présentait un film éminemment politique.

Le Festival de Cannes ne découvre pas le cinéma d’Andrzej Wajda quand il présente L’Homme de fer en Compétition. Malgré ses six précédentes participations et son Prix spécial du Jury pour Ils aimaient la vie (1957), les pronostics de la presse placent en favoris Excalibur de John Boorman et La Porte du Paradis de Michael Cimino. C’était avant de voir le film du polonais.

Dans son film, Andrzej Wajda fait revenir les personnages découverts à Cannes trois ans auparavant dans L’Homme de marbre. Sur le chantier naval de Gdansk, un journaliste de la radio publique doit préparer un reportage compromettant sur Maciek Tomczyk, militant actif dans l’occupation en cours. Mais ses rencontres avec les proches du gréviste vont perturber sa vision des événements.

Andrzej Wajda a écrit ce film en toute urgence pour coller au plus près des événements qui perturbent la Pologne. L’actualité se mêle au tournage, la fiction reconstitue les moindres détails, jusqu’à utiliser l’authentique plume de Lech Wałęsa – un ami du réalisateur – pour la scène de signature de l’accord de Gdansk, permettant la création de syndicats libres en Pologne.

Un sentiment de responsabilité et de solidarité a guidé l’équipe d’Andrzej Wajda dans le parcours du film, menacé de censure, jusqu’à sa présentation au Festival. Lors de la conférence de presse à Cannes, le cinéaste déclarait : “Si quelqu’un fait un film qui laisse la possibilité à la censure de retirer une partie de son contenu, qu’il ne fasse pas de cinéma. Un vrai film politique doit être incensurable de bout en bout.”

Présenté au format 1,37:1, comme l’avait souhaité le réalisateur Andrzej Wajda. Restauration 4K réalisée à partir d’un scan 4K du négatif original 35 mm. Étalonnage basé sur un positif de référence supervisé par le chef opérateur Grzegorz Kędzierski.

Le transfert en haute définition effectué avec des techniques modernes afin de respecter au mieux l’aspect original du film. Étalonnage : Ewa Chudik (WFDiF). Restauration de l’image : WFDiF. Son a été restauré à partir des bandes magnétiques 35 mm d’origine, avec un mixage en 5.1 pour garantir une restitution fidèle.

En présence de l’actrice Krystyna Janda, du chef décorateur Allan Starski et de la costumière Wiesława Starska.