The Man I Love : l’art de saisir la vie à son crépuscule

THE MAN I LOVE © Jac Martinez

Sept ans après Frankie, porté par Isabelle Huppert, Ira Sachs revient en Compétition aux côtés de Rami Malek avec The Man I Love. Ce film est l’aboutissement d’un travail et de discussions avec son coscénariste, Maurício Zacharias, depuis leurs débuts à la fin des années 1980.

À New York, Jimmy George est une figure iconique de la scène théâtrale. Mais devant la mort qui lui est promise, le désir de vivre et de désirer une dernière fois est plus fort que tout.

Sept ans et deux films séparent Frankie et The Man I Love mais tous deux partagent le même point de départ : une actrice et un acteur au crépuscule de leur vie. Dans le premier, un drame à la douceur infinie, Isabelle Huppert se sachant condamnée par un cancer, conviait son entourage pour une semaine au Portugal.

Quant au personnage de The Man I Love, il est confronté au Sida et célèbre l’instant présent autant que faire se peut. Dans une interview au média The Ankler, Ira Sachs dit avoir été inspiré par le Van Gogh de Maurice Pialat (en Compétition en 1991) : “C’est un film extraordinaire sur les quatre derniers mois de l’artiste qui va vers la mort. Pour autant, ça déborde de vie, de sexe, de désir, de création, de musique et de danse.” Ira Sachs a conçu son film comme une “fantaisie musicale sur une ville en détresse”.

L’action de The Man I Love se déroule à la fin des années 1980, période durant laquelle Ira Sachs vit à New York, alors que le VIH fait des ravages dans son entourage. Il puise dans les expériences bouleversantes de ses proches de l’époque, pour bon nombre issus du milieu du spectacle, avec comme envie première de saisir ces instants de joie et de célébration réels. Un film en hommage à leur mémoire.