Viendra la révolution : le geste de résistance de Pegah Ahangarani
Une Séance Spéciale pour un documentaire qui éclaire la situation en Iran. Avec Rehearsals for a Revolution (Viendra la révolution) l’actrice et réalisatrice Pegah Ahangarani lie l’intime et le collectif dans son premier long métrage qui suit, sur les traces de ses proches face aux événements des quarante dernières années.
Cinq portraits de proches, cinq expériences de résistance. Dans un film d’archives aussi beau qu’intense, Pegah Ahangarani retrace quarante années de bouleversements, de grèves, de manifestations, de répressions, jusqu’à la guerre actuelle.
Elle se livre à un exercice de style pour élaborer chaque chapitre, marqué par un personnage distinct (son père et sa professeure de littérature par exemple), et un style visuel particulier (archives familiales en Super 8, vidéos YouTube, animation, enregistrements sonores). Chacune de ces expériences intimes fait écho au destin collectif du peuple iranien. Leur enchaînement crée la sensation d’un cycle du malheur.
Pegah Ahangarani n’est pas fataliste pour autant et le signifie dans son titre. Condamnée à dix-huit mois de prison en 2013, réfugiée au Royaume-Uni depuis 2022 – le lot de toute une génération d’artistes en Iran – elle signe un geste de résistance avec Viendra la révolution.
“Le cinéma iranien est à l’image de son peuple. Je suis constamment étonnée devant ce peuple qui ne rompt pas, qui ne cède pas.”
Pour rendre le plus bel hommage à ses proches et à son peuple, Pegah Ahangarani s’est inspirée du travail du Lituanien Jonas Mekas, dont elle admire la poésie, la liberté de ton et le travail de reconstitution de mémoire. Un objet de cinéma aussi puissant qu’original.