Paweł Pawlikowski en trois monochromes

FATHERLAND © Agata Grzybowska

Le cinéaste reconnu pour ses documentaires s’est distingué ces dernières années avec deux films sublimes, ancrés dans l’histoire récente et en noir et blanc. Après Ida, salué en 2013, Paweł Pawlikowski remporte en 2018 le Prix de la mise en scène pour Cold War. Selon les mêmes principes, il revient en Compétition huit ans plus tard avec Fatherland.

2013, Ida : la Pologne dans les années 1960

Orpheline élevée au couvent, Anna part sur les traces de sa tante, seule famille qu’il lui reste. Il émane de Ida un fort sentiment de mélancolie, propre aux films de Pawlikowski. Un voyage dans la Pologne communiste où la révélation d’un secret de famille ébranle les personnages, souvent placés bord cadre, sous des lumières parfois écrasantes.

2018, Cold War : le Paris bohème des années 1950

En pleine guerre froide, une chanteuse et un musicien épris de liberté quittent la Pologne stalinienne pour Paris, mais leur amour sonne comme une malédiction. Avec son noir et blanc lumineux et sa mise en scène ultra précise, Cold War est sans doute le film le plus poétique et généreux de Paweł Pawlikowski.

2026, Fatherland : retour dans une Allemagne déchirée

En 1949, Thomas Mann, lauréat du Nobel de littérature, rentre en Allemagne pour la première fois depuis la fin de la guerre. Il embarque sa fille, Erika, actrice, écrivaine et pilote de rallye, dans les vestiges d’une Allemagne dévastée, coupée en deux. Paweł Pawlikowski garde le noir et blanc pour ce road trip où il invite Sandra Hüller et Hanns Zischler. A la photo, il retrouve celui dont il a lancé la carrière, Łukasz Żal, fidèle depuis Ida et désormais remarqué pour son travail sur Hamnet et La Zone d’intérêt.